Faire le CHOIxCE / VIDÉO 1 tronc commun / DIAGNOSTIC → DÉRIVE MONÉTAIRE → QUESTION CENTRALE → TRANSITION VERS LA MÉTHODE
« Nous ne guérirons pas d’une maladie avec les logiques qui l’ont engendrée. » — JEB
Je commence par là, parce que tout est là.
On m’a souvent répété : « Ne te contente pas de dénoncer. Réagis en termes de solutions. » C’est exactement ce que je fais ici.
POURQUOI MAINTENANT ?
Depuis des années, j’observe la même dérive : l’économie s’éloigne de sa fonction première. Elle devait organiser l’échange, soutenir la production, relier les humains. Elle se transforme en machine d’arbitrage, de captation et d’avantage.
Ce n’est pas la richesse qui est en cause. C’est un système monétaire qui, en prétendant mesurer la valeur, déplace le pouvoir vers des acteurs non élus et installe des injustices structurelles.
La conséquence est visible : beaucoup de responsables politiques n’ont plus la main. Ils gèrent, ils commentent, ils accompagnent. Mais la décision réelle glisse ailleurs : vers des intérêts sans mandat, sans visage, sans contre-pouvoir clair. La souveraineté politique s’affaisse, parce que la souveraineté monétaire et financière s’est dissociée du contrôle démocratique.
Je réponds donc par une proposition : un cadre de mesure plus juste, plus lisible, plus vérifiable, qui redonne aux citoyens une prise réelle sur l’économie. Une monnaie, au sens strict : une unité de mesure. Pas une fiction. Un outil.
Ce que je propose est un contre-pouvoir citoyen, mais un contre-pouvoir calme : un outil public, transparent, vérifiable, qui permet de comparer, de juger, de choisir.
Pas contre le marché, mais contre l’imposture. Pas contre la réussite, mais contre le point de départ truqué.
Le capitalisme n’est pas né pervers. Il naît d’un besoin vital : organiser l’échange, nourrir, relier, encourager l’initiative. Mais à force d’arracher l’économie à la matière, à l’effort et au temps, il se déracine. Il devient hors-sol. Il cesse de soigner. Il menace même de cesser de nourrir. Il cesse de relier.
« La monnaie, jadis outil d’échange, s’est muée en langage de domination. » — JEB
Elle mesure sans compter. Elle circule sans lien. Elle croît sans limite.
Regardez les corps. Des sociétés épuisées par l’injonction de courir et de tenir. Des gestes utiles — soigner, enseigner, accompagner — relégués au rang de “coûts”, tandis que la richesse se joue au clic, au levier, à l’abstraction.
Le soin devient un temps faible, presque disqualifié. Pourtant, c’est cette lenteur qui répare, cette patience qui accompagne, ce temps suspendu qui permet à la vie — et parfois à la mort — d’advenir.
« Là où le soin disparaît, la vie s’efface. Là où le temps manque, l’humain se perd. » — JEB
LA DÉRIVE MONÉTAIRE
Nous quittons le sol. La fiducia, la confiance, s’effrite. La quasi-totalité de la monnaie circule désormais dans des serveurs, des applications, des plateformes.
Et le dernier étage de la dissociation s’incarne dans certaines cryptomonnaies.
Une autre étape avance, en parallèle : les formes numériques des monnaies publiques. L’euro numérique, par exemple, progresse par phases. La question n’est pas seulement technique. Elle est politique.
Où est la symétrie de transparence ? Qui voit qui ? Dans quel sens circule la lumière ? Avec quels garde-fous démocratiques ?
La monnaie est le nerf de la guerre. Et c’est précisément pour cela que le sujet est décisif : lorsque la monnaie se dissocie du contrôle, le pouvoir se dissocie des peuples.
L’histoire récente de la monnaie signe une rupture avec le Réel — au sens strict : matière, énergie, temps. Rupture avec ce qui résiste. Avec ce qui coûte. Avec ce qui oblige.
LA QUESTION CENTRALE
Dès lors, une question : une monnaie qui soigne, est-ce possible ?
Et si la valeur cessait d’être une absence mesurée pour redevenir une présence mesurable : attention donnée, énergie investie, temps partagé ? Serait-il possible d’instaurer une monnaie reconnectée au réel, capable de soigner l’économie, la planète, et ceux qui les habitent ?
Ce n’est pas une idéologie. Ce n’est pas une révolution punitive. C’est une évolution : tenter de réconcilier la valeur avec le soin, l’économie avec la présence, l’échange avec le lien.
C’est l’ambition du CHOIxCE. Et c’est maintenant que je commence à en parler publiquement. Le projet est en phase d’éclosion : l’idée est posée, la méthode se formalise, et l’étape suivante consistera à la rendre testable au vu de tous.
Voilà pourquoi je commence cette série. Parce qu’il faut cesser de commenter la crise, et commencer à construire une sortie.



