Préambule

La cure psychanalytique

Jan-Edouard Brunie

Au-delà d’une démarche de développement personnel, les raisons qui conduisent à consulter sont multiples, et les chemins qui mènent au divan peuvent être très différents. Le plus souvent, une analyse commence lorsque certaines difficultés ne trouvent plus de solution satisfaisante, lorsqu’une répétition s’impose, lorsqu’un symptôme persiste ou qu’une impasse finit par ne plus pouvoir être simplement contournée ; mais ce n’est pas toujours le cas, et ce n’est nullement une obligation.

C’est pourquoi vous trouverez ci-dessous différents « motifs » de consultation, qui illustrent quelques-unes de ces demandes initiales auxquelles je réponds. Car la psychanalyse soigne ; non pas en faisant taire artificiellement le symptôme, mais en travaillant ce qui le soutient, ce qu’il répète, ce qu’il masque parfois, et ce qui peut alors commencer à se dénouer.

La psychanalyse est une cure par la parole. Ce qui se passe dans une analyse est à la fois tangible, parfois spectaculaire, et pourtant difficilement partageable avec qui ne l’a pas éprouvé. Faire une analyse, c’est faire un choix : celui de se donner les moyens pour que quelque chose, dans sa vie, puisse changer ; celui d’interroger ce qui paraît être son destin, et peut-être de faire échec à ce qui ne cesse de se répéter.

Le mot lui-même porte déjà cette idée : psyché, le souffle, et analysis, l’action de délier. J’aime y entendre une libération du souffle vital ; souffle indispensable à l’émergence d’une voix, afin qu’elle puisse trouver sa voie. Il s’agit alors moins de « devenir meilleur » que de devenir davantage sujet de ce qui, jusque-là, semblait décider à notre place.

À ceux qui s’interrogent, se répètent ou s’empêtrent, je dis souvent : « Prenez le pouvoir de devenir, faites une analyse. »

Car l’analyse remet en jeu ce qui traverse toute existence : le rapport au pouvoir, à l’argent, au temps, à l’amour, au désir, à l’autre. Elle produit de véritables changements ; non pas seulement dans la manière de se penser, mais dans la façon de vivre, de choisir, d’aimer, de travailler, de désirer et de se déterminer. Ce qui faisait répétition peut cesser de commander ; certaines impasses se dénouer, certaines peurs perdre leur pouvoir, et des possibilités jusque-là empêchées devenir enfin accessibles.

C’est, au fond, une démarche d’introspection part-faite, au sens où elle conduit vers une meilleure con-naissance de soi ; non pas une connaissance figée, mais une rencontre progressive avec ce qui, en nous, échappait jusque-là au savoir conscient. L’analyse permet alors de se dégager de certains conditionnements, de certaines répétitions, de certains héritages psychiques ; elle peut transformer le rapport à ses peurs, à ses angoisses, à ses symptômes, à ses désirs, et desserrer ce qui paraissait jusque-là écrit d’avance.

Bref : prendre le pouvoir de devenir.

Psychanalyste inscrit aux registres de l’État français, Jan-Edouard Brunie exerce dans le respect du cadre éthique et clinique de la psychanalyse, garantissant confidentialité, indépendance et rigueur professionnelle. Membre de la FF2P, la fédération française de psychologie et de psychanalyse depuis sa création, membre de @psychanalyse de Montpellier.

arbre de vie de M. Brunie
« L’idée surgissant dans l’esprit du malade est, par rapport à l’élément refoulé, comme une allusion, comme une traduction de celui-ci dans un autre langage. » — Sigmund Freud