Comment peut se dérouler une cure psychanalytique ?

Jan-Edouard Brunie

Il y a le premier rendez-vous, toujours.

Il survient bien souvent après un premier contact téléphonique. Il se déroule en face à face. Les paroles échangées permettent de connecter, ou pas, les deux inconscients en présence. Ce premier rendez-vous est fondamental, voire fondateur. Il pose les bases du travail. C’est à ce moment-là que je réponds aux premières questions du futur analysant… ou pas. (Voir l’onglet « Questions / Réponses ».)

Comment cela se passe-t-il ?
Est-ce que vous pouvez quelque chose pour moi ?
Combien de temps dure une séance ?
Combien de séances ?
Combien de temps faudra-t-il pour sortir de ce problème ?
Combien cela coûte-t-il ?
Et puis…il y a le passage à l’acte, la suite…

« La meilleure façon de réaliser ses rêves est de se réveiller. »
Paul Valéry

La suite, c’est-à-dire l’entrée en analyse et sa durée, dépendront de la demande. Là encore, surtout pas d’arbitraire. Ce serait mentir, ou ne rien y connaître.

Au départ, une personne peut venir pour une difficulté plus ou moins superficielle, ou peu traumatique : un deuil, un changement d’orientation professionnelle, un problème dermatologique persistant, des cauchemars récurrents… Dans ce type de situation, le travail peut prendre, couramment, deux à trois mois. Ensuite, la liberté de poursuivre l’analyse incombe, ou non, au demandeur, à son désir, à ses résistances.

Cela peut aussi prendre un an ou deux pour sortir d’un trouble plus installé : une anorexie, une difficulté de fécondité, le désir d’arrêter de fumer, etc.

Cela peut encore durer toute une vie, cela ne coûte pas plus qu’un bon restaurant, une bonne restauration, comme une bonne habitude à prendre, surtout si l’enjeu est de développer sans cesse son pouvoir créatif, pour des artistes, des publicistes, des auteurs, ou de mieux tenir ses affects face à la caméra, aux médias, à ses salariés, ou encore de trouver des issues à certains dossiers complexes : avocats, dirigeants, médiateurs, gestionnaires de conflits, etc.

Enfin, et cela n’a rien de rare, cela peut durer de trois à moins d’une dizaine de séances, notamment si le patient plonge dans un état d’hypnose plus ou moins profond. S’il se montre sensible à certaines inductions hypnotiques que je peux être amené à mettre en œuvre, selon son désir bien « entendu ». Bon… parfois, je ne propose pas. Parfois même, je ne préviens pas.

Et pour être très clair : les suggestions d’exploration, les questions que je peux poser lors du premier entretien et au début des séances, peuvent constituer de véritables ancrages, des déterminations d’objectifs thérapeutiques en mode hypnotique, PNL ou pas. Elles produisent alors un état d’introspection, de transe, plus ou moins profonde, qui favorise le travail. Les inductions que j’utilise se proposent en séance en fonction de la disposition mentale que présente le patient. C’est aussi cela que l’hypnose a apporté à cette praxis.

Bref, il n’y a pas vraiment de règle quant à la durée d’un travail psychanalytique.

En tout cas, il n’y a pas d’obligation de poursuivre.

Il est d’ailleurs très rare que l’analyste rappelle l’analysant s’il manque une séance. Acte manqué ? Volonté consciente ? Résistance ? Évidemment, quelques heures ou quelques jours plus tard, on prend des nouvelles. Mais cela peut attendre un peu. Le temps, justement, de se retourner, d’analyser, pour le patient, sa ou ses résistances.

Cela fait partie du travail. Et cela dépend aussi de la tension nerveuse du patient, qui peut traverser des moments difficiles de remise en question, de changement, de mutation. Or cela ne se fait pas sans dégagement d’énergie, sans déplacements pulsionnels.

Enfin, je le rappelle et j’y insiste : les patients qui viennent sur le divan n’y sont pas contraints par quelque prescripteur institutionnel que ce soit. Ils sont seulement ob- (« devant », en latin) -ligés — de ligare, lier — par leur propre désir de changer, d’évoluer, d’avancer. C’est une vraie liberté que de se savoir, ça-voir, aliéné, a-lié-né, de façon positive, bien entendu.

Ensuite, bien sûr, il y a la technique. Vous pourrez trouver moultes réponses à vos questions dans l’onglet « Technique », sans oublier : « L’inconscient, qu’est-ce que c’est ? » …