VIDÉO 3 – FAIRE LE CHOIxCE
Mise en œuvre : ré-étalonner, coexister, gouverner
Le CHOIxCE ne propose pas une rupture monétaire brutale. Il ne s’agit pas de remplacer du jour au lendemain l’euro, le dollar ou les autres monnaies existantes. Une telle bascule serait irréaliste, dangereuse et politiquement irresponsable.
La mise en œuvre du CHOIxCE repose d’abord sur une idée simple : faire coexister les monnaies actuelles avec une nouvelle unité universelle de mesure de la valeur.
Cette coexistence peut commencer par un double affichage : d’un côté le prix en monnaie locale, de l’autre la valeur mesurée en CHOIxCE. Ce dispositif permettrait à chacun de comparer, de comprendre, puis de constater ce que l’économie actuelle rend trop souvent invisible.
Un produit peut paraître peu coûteux en euros tout en ayant une valeur réelle très lourde lorsqu’on intègre la matière utilisée, l’énergie consommée, le temps humain mobilisé, l’empreinte écologique et les conditions concrètes de production.
À l’inverse, certains biens ou services aujourd’hui mal reconnus pourraient apparaître pour ce qu’ils sont réellement : des activités à forte valeur humaine, écologique ou sociale.
Le double affichage ne force donc pas immédiatement la conversion. Il ouvre un espace de lisibilité. Il permet de voir autrement. Il donne aux citoyens, aux entreprises, aux collectivités et aux institutions un nouvel instrument de comparaison.
Comparer, ici, ce n’est pas simplement juxtaposer deux chiffres. C’est déplacer le regard. C’est faire apparaître le réel derrière le prix.
Une règle commune, des réalités locales
Le CHOIxCE n’a pas vocation à uniformiser les économies, les cultures, les territoires ou les modes de vie. Il ne prétend pas imposer une valeur identique partout, comme si le monde était un tableau comptable abstrait.
Il vise autre chose : standardiser la méthode de mesure.
La matière disponible, l’énergie utilisée, le temps humain engagé, les contraintes écologiques ou techniques peuvent varier d’un territoire à l’autre. Mais la règle de calcul doit devenir commune, transparente, vérifiable.
C’est précisément cette distinction qui est essentielle.
Le CHOIxCE respecte les réalités locales, mais il refuse que l’absence d’étalon commun continue à produire de l’opacité, de l’arbitraire et de l’injustice dans les échanges.
Il ne s’agit pas de nier les différences. Il s’agit de sortir du brouillard monétaire.
De la théorie à l’usage : l’API CHOIxCE
Pour que le CHOIxCE ne reste pas une idée enfermée dans un livre, il doit pouvoir devenir un outil.
Cet outil pourrait prendre la forme d’une API CHOIxCE : une passerelle de calcul ouverte, vérifiable et utilisable par des commerces, des plateformes numériques, des collectivités, des institutions ou des entreprises.
L’objectif n’est pas de créer une nouvelle religion technologique. La technologie ne doit pas remplacer la méthode. Elle doit la rendre utilisable.
Une API CHOIxCE permettrait d’afficher, à côté du prix en monnaie locale, une valeur calculée selon des critères communs : matière, énergie, temps humain, usage, empreinte écologique, mémoire productive, conditions de transformation.
Concrètement, cela signifie qu’un commerce pourrait afficher le prix d’un produit en euros, mais aussi sa valeur en CHOIxCE. Une collectivité pourrait évaluer certains choix publics à partir de leur coût réel pour le vivant. Une plateforme pourrait comparer des produits non plus seulement selon leur prix de marché, mais selon leur valeur oïkonomique.
L’enjeu n’est donc pas la complexité technique. L’enjeu est l’adoption.
Le CHOIxCE doit pouvoir entrer dans les usages sans casser brutalement les systèmes existants.
Une technologie au service de la mesure, pas l’inverse
Le projet CHOIxCE ne part pas de la technologie pour fabriquer artificiellement une monnaie. Il part d’un problème plus profond : la monnaie actuelle ne mesure plus correctement la valeur réelle des choses.
La technologie vient ensuite.
Si certaines briques numériques, y compris des registres distribués ou des systèmes de traçabilité avancés, peuvent être utiles, elles pourront être intégrées. Mais seulement à une condition : servir la méthode, l’usage et la vérification.
Il ne serait pas cohérent de prétendre créer une monnaie du vivant avec une infrastructure inutilement énergivore.
Le CHOIxCE n’a donc rien à voir avec une fuite dans la spéculation numérique. Il vise au contraire à ré-ancrer la valeur dans le réel : la matière, l’énergie et le temps humain.
Ré-étalonner avant de basculer
La bascule vers une monnaie universelle ne peut pas être décrétée. Elle doit être préparée.
Avant de remplacer quoi que ce soit, il faut mesurer. Avant de mesurer, il faut rendre visible. Avant de rendre visible, il faut établir une règle commune.
Le CHOIxCE propose donc un chemin progressif :
d’abord le double affichage ;
puis l’usage volontaire ;
ensuite l’expérimentation par des territoires, des filières ou des institutions ;
enfin, seulement si la preuve est faite, une bascule plus large vers une unité de valeur commune.
Cette progression est essentielle. Elle évite l’utopie brutale, le passage en force, la confusion entre innovation monétaire et désordre économique.
Le CHOIxCE ne demande pas de croire. Il demande de vérifier.
Gouverner le CHOIxCE
Une monnaie universelle ne peut pas dépendre d’un acteur privé, d’un État dominant ou d’un groupe d’intérêts.
Si le CHOIxCE devait devenir un outil commun, sa gouvernance devrait être indépendante, transparente, pluraliste et révisable.
C’est pourquoi le projet suppose la création d’une instance de régulation : un CHOIxCE Council, chargé de superviser les règles de calcul, les coefficients, les sources de données, les audits et les révisions périodiques.
Cette gouvernance ne devrait pas être décorative. Elle serait au cœur du système.
Car une monnaie qui prétend mesurer le vivant doit elle-même être surveillée, discutée, corrigée et protégée contre les captations.
Le CHOIxCE ne peut être crédible que s’il est auditable. Sa force ne viendra pas d’une promesse, mais de sa capacité à rendre ses calculs publics, contestables et améliorables.
Une monnaie pour rendre le réel lisible
La vidéo 3 du tronc commun de FAIRE LE CHOIxCE présente donc une étape décisive : le passage de l’idée à la mise en œuvre.
Ré-étalonner, ce n’est pas changer simplement de monnaie. C’est changer ce que la monnaie décide de mesurer.
Coexister, ce n’est pas renoncer à transformer le système. C’est préparer la transformation sans provoquer le chaos.
Gouverner, ce n’est pas confier la valeur à une autorité opaque. C’est construire une règle commune, contrôlable et corrigible.
Le CHOIxCE ne prétend pas abolir le marché. Il propose de le réorienter.
Il ne s’agit pas de détruire l’économie existante, mais de lui donner un étalon plus juste, plus lisible et plus responsable.
Une monnaie qui ne se contente plus de compter les prix.
Une monnaie qui réintègre le vivant, l’énergie et le temps humain dans la valeur.



